Médiatique

La dissolution des partis politiques : une thérapie nécessaire

 

 

IMG-20250326-WA0052-1536x1023-1.jpg

La dissolution des partis politiques est perçue par les leaders politiques comme une diète forcée. Pour certains, il s’agit d’une thérapie nécessaire afin de purifier la scène politique de ses tares structurelles. 

Le leadership fondé sur des stratagèmes de positionnement et d’intérêt personnel semble atteindre ses limites, notamment avec les Assises nationales, qui ont choisi de porter le coup de grâce à une classe politique en quête de repères. L’image des hommes en boubous blancs ou en costumes, jadis symbole de prestige et de pouvoir, devient aujourd’hui un objet de convoitise pour certains et une source de frustration pour d’autres. C'est la fin de cette exhibition ostentatoire.

La plupart des leaders politiques sont des professionnels issus de divers horizons, mais la politique les a souvent éloignés de leur fonction libérale. En prenant ce terrain comme un espace privilégié pour les jeux de stratégies et de calculs politiques, ils s’inspirent de Machiavel et de Platon, mais souvent plus par opportunisme que par conviction idéologique.

Au Niger, le simple titre de "Monsieur le Président" suffit à flatter l’ego de nombreux acteurs politiques, leur donnant l’illusion d’une ascension sociale et d’un accès aux privilèges. Cette fascination pour le pouvoir alimente une transhumance politique perpétuelle, où la possession d’une base électorale devient un atout dans un marché de négociation de contrats politiques.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit la décision du président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), Le Général d'armée, Chef de l'État et Président de la République, Abdourahmane Tiani. Elle vise une refonte sociopolitique profonde en vue d’instaurer une stabilité politique et économique durable. Après une histoire politique marquée par des crises et des recompositions successives, le pays a besoin d’un nouveau souffle. Le tissu social, fragilisé par les rivalités partisanes et les luttes d’influence, est en péril.

La dissolution des partis politiques apparaît ainsi comme une opportunité pour restructurer l’espace politique. L’objectif est d’aboutir à une nouvelle nomenclature reposant sur une charte des partis politiques adaptée aux réalités nationales, garantissant un "multipartisme réfléchi". Une telle réforme pourrait permettre d’assainir le paysage politique en imposant des critères plus rigoureux de création et de fonctionnement des partis, évitant ainsi leur prolifération anarchique et la politique de l’opportunisme.

Abdoulaye Idrissa James, Analyste politique