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𝗨𝗻 𝗷𝗼𝘂𝗿 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗮𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱'𝗵𝘂i

 

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C'était le 22 avril 1974, une semaine après la prise du pouvoir, le Chef de l’État, le Lieutenant-colonel Seyni Kountché, prononça le discours-programme du Conseil Militaire Suprême (CMS). Il commença son allocution par une mise au point ferme : « L’armée n’a cédé à aucune ambition. Elle n’a obéi à aucun mot d’ordre venu de l’étranger. Elle n’a négocié ni souscrit à aucune compromission. Issue de la nation, dont elle est, au premier chef, la garante de la sécurité et de l’intégrité territoriale, elle n’a considéré que les intérêts de la nation et, bien entendu, le devenir de l’homme nigérien. » Il ajouta : « En prenant le pouvoir, les Forces armées nationales ne visent qu’un seul objectif : l’avenir du Niger. Et, dans le Niger, permettre à chaque Nigérien, quelle que soit sa naissance, son sexe, son lieu de résidence ou ses convictions, d’accéder, de la manière la plus complète possible, à ses droits, sans ignorer ses devoirs, et avec l’assurance d’une protection pour sa sécurité propre et celle de ses biens. »

Par la suite, le président Kountché évoqua les grands maux dont souffrait le Niger, qu’il fallait enrayer au plus vite afin de promouvoir une société saine, apte à un décollage économique rapide. Il cita notamment l’injustice sociale, l’affairisme, ainsi qu’un appareil administratif paralysé par le parti, avec des fonctionnaires devenus intouchables, recrutés selon des critères méprisant tout souci de rendement et d’efficacité, ayant perdu depuis longtemps tout sens de la discipline, toute notion de hiérarchie et toute conscience professionnelle. Le seul souci de chacun, déplora-t-il, était de brûler les étapes pour paraître, quitte à puiser dans les caisses de l’État. Le président Kountché posa alors cette question : comment parler de développement dans un tel pourrissement social ?
Le Chef de l’État déclina ensuite la quintessence du programme très social que comptait imprimer le nouveau régime, prenant en compte l’unité nationale, l’élévation du niveau de vie des masses et l’indépendance économique. C’est pourquoi, selon lui, le CMS devait avant tout rétablir la justice sociale. Dans la fonction publique, des mesures seraient prises pour mettre fin aux frustrations et aux situations irrégulières. De rigoureuses mesures d’économie seraient également appliquées, allant de la compression des dépenses de voyages à l’étranger à celle de certaines dépenses d’entretien et de fonctionnement jugées trop exorbitantes. « Il est temps que les nationaux vivent selon leurs moyens », affirma-t-il.
Les problèmes de la jeunesse et de l’éducation, en état de déliquescence, feraient également l’objet de solutions prioritaires de la part du CMS. De même, le CMS entendait répondre très rapidement aux préoccupations des travailleurs. Selon le président Kountché, une part importante était accordée aux préoccupations sociales, car « quand le social va, l’économie va ». Les questions de l’exploitation des ressources du sous-sol et de la nouvelle orientation diplomatique du Niger furent également évoquées par le nouvel homme fort du pays.
Pour terminer, le président Kountché, tout en témoignant sa gratitude aux Nigériens et aux pays amis, rassura ses concitoyens par ces mots : « Le CMS se placera au-dessus des convictions personnelles et ne retiendra des hommes que leur civisme, leur intégrité et leur efficacité. »